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La viande belge, un produit de qualité, de chez nous à l’Asie

 

La viande belge, un produit de qualité, de chez nous à l’Asie

A la rencontre de Febev : la fédération belge qui représente les abattoirs, les ateliers de découpe et les transformateurs de viande fraîche. Le secteur belge de la viande produit de la viande de la plus haute qualité et cette réputation résonne bien au-delà de nos frontières. Nous nous sommes entretenus avec le secrétaire général Michael Gore, à l’occasion d’une interview sur la résilience, les tendances et l’exportation.


Bonjour Michael, peux-tu nous décrire ton secteur ?

« Très volontiers. Notre fédération compte environ 130 membres. L'ensemble du secteur représente 95 % de tous les abattages dans le secteur porcin et plus de 90 % pour les bovins. Le secteur bovin est principalement orienté vers le marché belge et nos pays voisins, tandis que le secteur porcin est un secteur d'exportation par excellence. Pas moins de 80% de la production est destinée à l’Europe et 20% à des pays tiers, comme le marché asiatique. »


Pourquoi notre viande de porc rencontre-t-elle un tel succès dans les pays asiatiques ?

« Ce succès s’explique principalement par la complémentarité entre leurs habitudes alimentaires et les nôtres. Le consommateur européen est friand de certaines parties du porc. Au fil des ans, la consommation de certains sous-produits a toutefois diminué, comme par exemple, la queue et les pieds de porc. Alors que ces produits ont disparu de notre alimentation, ils font partie d’un repas complet dans les pays asiatiques.

Cette complémentarité permet d’optimiser la commercialisation des découpes qui sont consommées en Europe et de ne pas se retrouver avec des produits dont on ne peut pas faire grand-chose dans notre pays. Sur ce plan, les exportations peuvent également faciliter la circularité de nos produits. »


Mais la peste porcine africaine vous a certainement joué des tours sur ces marchés, j’imagine ? Où en est la situation actuellement ?

« Avec la peste porcine, nous avons dû redistribuer, en Europe, 20 % de ce que nous exportions hors du continent. De 80% nous sommes passés à 90% et nous avons dû rechercher activement de nouveaux marchés d'exportation. Il s’agit d'un travail de longue haleine.

L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a récemment déclaré la Belgique indemne de la peste porcine africaine. Nous devons à présent renégocier afin de pouvoir écouler nos produits dans des pays tiers. Et le succès est au rendez-vous, car nous avons réalisé de nombreuses avancées positives ces derniers mois. Le plus grand défi qui subsiste est de vendre à nouveau notre viande de porc en Chine, en Corée du Sud et au Japon, qui figurent parmi nos marchés les plus importants. La politique joue un rôle majeur à cet égard. »


Peut-on redorer notre image sur ces marchés d'exportation ?

« C’est précisément notre intention. Par l'intermédiaire du Belgian Meat Office, du SPF Affaires étrangères et de l’AFSCA, nous avons maintenu le contact et nous communiquons régulièrement des informations sur l’état d’avancement du dossier. Des actions sont actuellement mises sur pied pour que la viande de porc belge soit à nouveau au premier plan dans ces pays. C’est bien sûr encourageant, mais le chemin à parcourir est parsemé d’embûches. Heureusement, la résilience et la flexibilité sont caractéristiques de notre secteur. Nous travaillons avec des produits frais qui ne peuvent rester longtemps en rayon et nous devons donc répondre rapidement à l'évolution du marché. »


Ces atouts vous ont-ils également aidés à faire face à la crise du coronavirus ?

« Notre secteur a plutôt bien anticipé le confinement et dans l’ensemble, nous avons bien traversé la crise. Par rapport à d'autres pays, nous n'avons finalement connu qu'un nombre limité d'épidémies et nous avons pu continuer à produire et livrer. 

C’est aussi parce que nous avons pris les mesures nécessaires pour contrôler la situation. Nous avons également travaillé en étroite collaboration avec l'AFSCA et d'autres services publics. »


En parlant de crises extérieures, qu’en est-il du Brexit ?

« Indépendamment du Brexit, le Royaume-Uni est notre cinquième marché d'exportation. Le défi aujourd’hui est d’atteindre le Royaume-Uni, avec nos produits frais, dans un délai suffisamment court. Avec la viande fraîche, la conservation est limitée à 4 ou 5 jours ! Nous sommes reconnus pour notre capacité à répondre très rapidement à la demande des clients et à pouvoir livrer le lendemain de la commande. Ensuite, le Brexit nous met évidemment des bâtons dans les roues.

Nous demandons dès lors que les autorités nous aident à maintenir, autant que possible, cette flexibilité. Nous espérons que l'AFSCA pourra réfléchir avec nous à la manière de gérer la certification avec un maximum de flexibilité et tiendra compte du fait que nous ne pouvons pas uniquement effectuer les chargements pendant les heures de bureau. Nos entreprises travaillent 24 heures sur 24. »


Comment expliques-tu qu’un petit pays comme la Belgique soit si performant sur les marchés d'exportation ?

« Nous sommes un acteur relativement mineur sur le marché mondial, mais nous nous démarquons par nos solutions sur mesure. Prenons la Corée du Sud, par exemple, où nous fournissons des poitrines de porc depuis des années, parce que nous sommes en mesure de livrer des produits selon la coupe, la conformité et les spécifications qu'ils nous demandent. Nous sommes devenus un acteur majeur sur ce marché, que nous devons reconquérir, mais qui offre beaucoup de potentiel à nos ateliers de découpe. » 

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La qualité belge est donc unique ?

« Tout à fait. L’année dernière, nous avons lancé BePork, un nouveau label de qualité pour le secteur porcin. Par ce label, nous voulons faire connaître les atouts de nos produits belges tant dans notre pays qu’à l’étranger.

C’est une histoire belge qui réunit tous les maillons belges de la chaîne. Par définition, il s'agit donc aussi d'une histoire locale. Nous parlons tous du Green Deal européen, de la stratégie « De la ferme à la table » et de la nécessité de nous engager sur la voie de la durabilité et de nous tourner davantage vers notre propre arrière-cour. Ce dont le consommateur ne se rend pas suffisamment compte aujourd’hui, c’est que cette arrière-cour est présente dans les rayons des magasins depuis plusieurs années. »


Mais le consommateur belge est-il prêt à payer pour cette qualité ?

« Cela reste un défi. Nous devons veiller à rémunérer correctement les producteurs, mais d'un autre côté, nous sommes dans une situation où le secteur du retail, qui s’internationalise de plus en plus, regarde aussi ce qui se passe dans d’autres pays. 

D’où l'importance de l’histoire belge à laquelle nous pouvons contribuer ensemble au sein de la chaîne. Nous devons susciter un certain chauvinisme et amener les Belges à choisir plus consciemment des produits de qualité de chez nous. Nous sommes d’ailleurs déjà pleinement engagés à communiquer de manière plus visible les initiatives de durabilité qui ont lieu dans la chaîne. » 


De quel type d’initiatives s’agit-il ?

« Les panneaux solaires en sont un exemple concret : tant les fabricants d'aliments composés que de nombreux abattoirs et ateliers de découpe y ont investi. Dans le cadre de notre charte de durabilité, nous sommes occupés à répertorier ce type d'initiatives. Nous faisons également beaucoup d’efforts en ce qui concerne le bien-être animal : citons, par exemple, les caméras dans les abattoirs ou les Animal Welfare Officers qui sont chaque jour sur le terrain. Ce sont là autant d’efforts pour lesquels nous sommes allés beaucoup plus loin que ce que la législation nous impose. »

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Observes-tu des tendances particulières dans le secteur ?

« Nous observons une tendance croissante en faveur de la chaîne courte et d’une collaboration avec les organisations de producteurs. Nous soutenons nos entreprises à ce niveau et vous pourrez bientôt découvrir sur notre site quelles entreprises sont actives dans ce segment. Il est également difficile de trouver des talents adéquats. Et nous avons besoin d’eux, car nos métiers gardent un caractère artisanal ! Nous organisons dès lors les formations nécessaires sur le lieu de travail afin de préparer les gens au maximum. »

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La crise du coronavirus a incité les gens à commander davantage de produits alimentaires en ligne. Est-ce également le cas dans votre secteur ?

« Un plus grand nombre de bouchers et de traiteurs ont centré leurs activités sur la préparation de colis pour les consommateurs. C’est véritablement une formule gagnante. Les gens privilégient les colis prêts à l’emploi qu’ils peuvent utiliser à la maison, comme alternative à l’horeca, contraint de fermer ses portes.

Les consommateurs ont manifestement trouvé la voie numérique leur permettant de recevoir chez eux les produits qu'ils affectionnent. Nous ne pouvons que nous en réjouir ! »

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Source; FEVIA

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